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SACoche : Suivi d’Acquisition de Compétences
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Les trois premières lettres de SACoche signifient « Suivi d’Acquisition de Compétences ». Et c’est bien dans cette optique que j’ai commencé, il y a quelques mois, le développement de cette web-application.

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Précision de vocabulaire

Dans la terminologie actuelle des sciences de l’éducation, on distingue :

  • les "savoirs" ou "connaissances" (ex : réciter un théorème)
  • les "savoirs-faire" ou "capacités" (ex : utiliser un théorème en situation)
  • les "savoirs-être" ou "attitudes" (ex : s’investir dans son travail)

Et on appelle "compétence" « l’aptitude à mobiliser un ensemble de ressources (connaissances, capacités et attitudes) adaptées dans une situation complexe et authentique »...

Quand je parle dans cet article "d’évaluation par compétences" ou de "suivi d’acquisition de compétences", le mot "compétence" est à considérer dans un sens générique large (autant que possible je parlerai simplement "d’item").

Conserver l’historique des acquisitions des élèves

Le professeur devrait pouvoir savoir à tout moment ce qu’a acquis, et surtout n’a pas acquis, chacun de ses élèves. Sinon, que répondre à un parent qui lui demande sur quel point précis faire travailler son enfant ? Comment engager des remédiations individualisées ?
Un élève devrait aussi pouvoir savoir ce qu’il a acquis, et surtout ce qu’il n’a pas acquis. Sinon, comment travailler ses points faibles ? Or ce n’est pas le cas de mes élèves. L’an dernier, lors de l’école ouverte pratiquée pendant les vacances de Printemps, nos élèves de 3e venus pour préparer le brevet savaient juste dire qu’ils étaient « nuls » ou « bons » en maths, mais sans pouvoir indiquer sur quelle notion précise ils bloquaient...

Dès lors, comment conserver l’historique des acquisitions de chaque élève ?

Entre 2001 et 2006, sur les conseils de formateurs de l’IUFM de Créteil, je plaçais en tête de contrôle des cartouches similaires à celui-ci :

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En complément de la note classique, c’était une indication pour l’élève qui complétait avantageusement mes commentaires habituels, mais dont je ne faisais aucune exploitation ultérieure et dont je ne gardais pas la trace. Son intérêt était donc limité, et je m’en suis lassé.

Puis, à partir de 2007, après chaque contrôle et pour chaque élève, j’ai pris l’habitude de noter sur petit cahier quelques abréviations sur ce que l’élève ne savait pas faire (par exemple «  Pyth –  » pour une mauvaise connaissance/utilisation du théorème de Pythagore). Mais c’était limité à mon seul usage, l’élève n’en savait rien, et ça tombait dans l’oubli (ou plutôt à la poubelle !) en fin d’année scolaire. Cet usage n’était donc pas satisfaisant non plus.

Grilles d’évaluations et points "Lomer"

Des recherches sur internet m’ont fait découvrir le site incontournable de Michel Vauquois qui travaille depuis 10 ans déjà sur l’évaluation par compétences. Le principe consiste à distribuer des grilles aux élèves, et, au lieu de mettre de classiques notes sur 20 aux évaluations, à évaluer des items de la grille avec des points dits « Lomer » (d’autres choix sont possibles) :

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J’ai été séduit par cette initiative. Ayant déjà élaboré au fil des années un découpage du programme de mathématiques en items sur les 4 niveaux du collège, je n’avais qu’à reprendre légèrement ce travail et le remettre en page pour obtenir des grilles exploitables. Une première expérience en fin d’année dernière sur des élèves de 3e s’est révélée concluante (intérêt des élèves, pertinence de l’outil pour diriger leurs révisions). Mais la question de conserver ce suivi à plus long terme restait posée.

Les principaux avantages prêtés à ce type d’évaluation

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Outre le fait de connaitre ce que l’élève sait ou ne sait pas faire, l’évaluation par compétences permet une reconnaissance de l’école en indiquant à l’élève, même en difficulté, ce qu’il a acquis : c’est important pour la confiance en soi, l’estime de soi, et le respect de soi. Un "4/20" sur une copie renvoie au contraire une image de "bon à rien". Et un "10/20" sur une copie n’apporte aucun éclairage, pouvant regrouper des situations d’élèves fort diverses.

De plus, l’évaluation par compétences permet d’estimer les acquisitions sur la durée, en favorisant les évaluations récentes : elle donne ainsi à l’élève le droit à l’erreur, elle valorise une remédiation réussie, tout en remettant aussi en question les acquis (rien n’est figé !). Ce système est assimilable à une réelle évaluation formative, en opposition avec les classiques évaluations sommatives.

Le fait d’instaurer un algorithme à partir de codes de couleur aide à faire passer le message que les évaluations ne comptent pas toutes autant ; avec des notes chiffrées la notion de moyenne (non pondérée) revient au galop et donne l’impression que tout est comme avant.

Enfin, l’évaluation par compétences permet à l’élève et sa famille d’avoir explicitement connaissance des notions travaillées, de savoir quelles sont les attentes de l’école ; c’est un guide structurel pour l’élève et cela favorise l’instauration un contrat de confiance.

L’informatique comme solution incontournable

C’est alors qu’a eu lieu dans mon département le salon des nouvelles technologies « L’Envolée Numérique 1.0 », présentant entre autres des outils informatisés pour l’évaluation par compétences.

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Utiliser l’informatique permet potentiellement de conserver cet historique des acquisitions, y compris sur plusieurs années. Et dans le cas d’une web-application, cet historique est rendu accessible par tous les acteurs concernés (professeurs, élèves, parents). On corrige ainsi le principal défaut d’une version papier, chacun pouvant consulter à tout moment ce que l’élève a acquis et ce qu’il maitrise moins ou pas du tout.

Mais il est important que l’outil informatique soit bien conçu. En effet, nombre de collègues qui, dans le passé, se sont lancés dans cette démarche d’évaluation par compétences (souvent à l’aide d’un tableur), ont rapporté que c’est une tâche qui peut se révéler complexe et chronophage.

Deux logiciels devaient être présentés lors de ce salon : Osiris et Mathix devenu depuis Scolatix. Mais les intervenants ont passé du temps à expliquer les problématiques, sans avoir ensuite montré leur fonctionnement. De chez moi, j’en ai testé un en ligne, mais il ne m’a pas convaincu, et je n’ai pas su tester l’autre...

Naissance de SACoche

En parallèle, dans mon établissement (collège Jean Aviotte à Guîtres en Gironde), plusieurs enseignants ont suivi un stage PPRE qui a dévié en évaluation par compétences. C’est ainsi que des collègues de français, d’anglais, d’histoire-géographie, ont élaboré des grilles sur le niveau 6e. Il ne nous manquait plus que le logiciel pour les exploiter en situation...
M’étant auto-formé à la programmation de pages internet dynamiques (d’abord en développant AMI Collège puis, suite à mon entrée dans Sésamath, en développant Sésaprof), je me suis lancé au courant de l’été 2009 dans la conception d’une web-application qui corresponde à mes besoins.

Fin août 2009, j’ai présenté le début de ce travail lors de l’AG de l’association Sésamath ; ce projet personnel a été plébiscité, et il est alors devenu SACoche, un projet de Sésamath, sur lequel je travaille depuis.

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Fonctionnalités de SACoche

SACoche est donc avant tout destiné à permettre au professeur d’évaluer ses élèves au sein de sa matière, en utilisant les codes Lomer. Pour l’utiliser, les équipes disciplinaires doivent se mettre d’accord sur des référentiels décomposant leur programme par matière et par niveau.

Des dizaines de documentations sont disponibles sur le site du projet, j’invite le lecteur à s’y référer s’il souhaite en savoir davantage, surtout que le logiciel demeure en constante évolution : http://sacoche.sesamath.net/index.php?fichier=documentation

Pour résumer quelques éléments :

  • Dans SACoche l’élaboration des référentiels est libre ; elle peut s’effectuer via une interface en ligne, ou en important un référentiel partagé par un autre établissement, ce qui est très apprécié pour démarrer (environ 200 référentiels différents sont à ce jour disponibles).
  • SACoche dispose de différents accès, avec leurs droits et possibilités associés : administrateur, professeur (dont professeur coordonnateur et professeur principal), élève et personnel de direction.
  • SACoche propose différents algorithmes de calcul pour estimer si un item est acquis ou non.
  • SACoche permet de relier ou non les items au socle commun, et d’établir un bilan relatif au socle commun (voir en fin d’article).
  • SACoche permet au professeur de constituer des groupes de besoin et de n’évaluer que certains élèves sélectionnés.
  • SACoche génère des bilans par matière, et peut proposer une note sur une période donnée pour les besoins de l’institution.
  • SACoche permet d’associer à chaque item une ressource (lien web) de travail pour l’élève.
  • SACoche permet aux élèves de solliciter des demandes d’évaluations auprès de leurs professeurs.
  • Enfin, l’ergonomie de SACoche a été particulièrement étudiée, éprouvée et approuvée.
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Mise en place dans mon collège

Assez naturellement, un mouvement est né pour utiliser SACoche sur toutes les classes de 6e en mathématiques / français / histoire-géographie / anglais / SVT, et même sur tous les niveaux en mathématiques. C’est sans doute plus facile et rassurant quand on a le développeur du logiciel à portée de main, même si je n’ai pas reçu de demande d’amélioration de mes collègues en cours de route (juste l’ajout d’une ou deux fonctionnalités). Néanmoins, je ne sais pas si on peut facilement généraliser cette expérience : bouleverser les pratiques d’évaluation n’est pas chose aisée, il est souhaitable que cela se fasse collectivement entre les professeurs d’une même discipline, et avec l’appui de la direction de l’établissement.

Personne parmi mes collègues n’a été contraint ni même ’fortement incité’ à se lancer dans cette aventure. Sur les 17 professeurs concernés, 15 ont joué le jeu. Concernant les 2 autres, l’un reste souvent à l’écart des différentes actions et se montre hostile à ce qu’il appelle «  l’esclavage informatique  », l’autre est peu porté sur l’informatique et était gêné par l’abandon de la sacro-sainte note sur 20 sur la copie (au début il avait parlé de procéder à un double affichage points Lomer + note sur 20, évoquant une période de transition comme pour le passage à l’euro, mais dans les faits il ne s’y est pas mis).

Premier bilan, premiers retours

J’ai récemment fait le point avec les collègues au travers d’un questionnaire, faute d’avoir bénéficié cette année d’un moment de concertation (ce qui nous a manqué). Il en est ressorti que les enseignants qui utilisent SACoche sont à l’unanimité satisfaits du système (conscients de ses divers avantages, qui compensent l’effort d’adaptation induit par la remise en cause des méthodes de travail) et trouvent SACoche facile à utiliser (quelle que soit leur aisance dans ce domaine). Toute cette équipe souhaite reconduire l’expérimentation en 6e, et même l’étendre en 5e l’an prochain (certains ont déjà élaboré leurs grilles en ce sens !). Tout en indiquant aussi que, sans SACoche, ils ne se seraient jamais lancés.
D’autres collègues sont intéressés pour se joindre à l’aventure. L’un attendait un changement de programme, un autre appréhende la charge de travail que cela peut induire quand on a beaucoup de classes. En EPS les collègues s’interrogent sur le moyen d’évaluer la performance sportive avec des points Lomer. Enfin, un autre ne se dit a priori pas convaincu par l’intérêt et la philosophie du système.

Du côté des parents, les retours sont aussi positifs. Certains étaient circonspects, au début, ce qui n’est pas anormal : « Jouer avec des points rouges et des points verts ? On n’est plus en maternelle ! » . Mais une fois qu’on leur a montré en rencontre parents-professeurs le bilan détaillé de leur enfant (pour ceux qui n’ont pas d’accès internet), avec ce qu’il savait ou ne savait pas faire, avec la possibilité de réévaluer certains items non acquis, ils ont adhéré au principe. Et aussi parce que... nous avons conservé un bulletin traditionnel en fin de trimestre avec une note et une appréciation !

Même si c’est secondaire, j’ai découvert en cours de route quelques autres avantages au système mis en place.
Par exemple, si un élève ne termine pas une évaluation, il n’est pas pénalisé comme il le serait avec une note sur 20 intégrant des points perdus pour un exercice non traité. En effet chaque item d’une évaluation peut aussi être renseigné avec les valeurs "absent", "non noté", dispensé", ou même ne pas être saisi.
Autre exemple : le problème des dates d’arrêt des notes début juin, à partir desquelles le travail "ne compte pas" aux yeux des élèves, ne se pose plus. Des évaluations peuvent être saisies jusqu’en juillet, et les résultats sont pris en compte pour les années suivantes.

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L’absence de note chiffrée : une vraie révolution

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Même si elle est minoritaire, la réticence qui revient le plus de la part des professeurs ou des parents est due à l’absence de note chiffrée.

Plusieurs collègues d’autres établissements auraient souhaité, dans un premier temps du moins, que SACoche associe une note à chaque évaluation. Il est difficile de se défaire de ses habitudes... Mais mettre une note - d’apparence définitive - à chaque devoir serait briser la dynamique voulant que l’acquisition s’évalue sur la durée.

Les parents d’élèves, aussi, ont le réflexe de vouloir ’classer’ leur enfant, le situer dans la classe. Et une collection de points verts ou rouges sur un bilan ne suffit pas (encore) à cela. Julien Jocal, collègue d’histoire-géographie dans un collège girondin, et développeur d’un autre logiciel d’évaluation par compétences GEC, a subi l’incompréhension de certains face à un bulletin sans note.

J’ai d’ailleurs bien insisté en début d’année pour qu’on ne dise pas qu’avec SACoche il n’y a «  plus de note  ». C’est vraiment l’expression à éviter ! Sinon c’est aussitôt assimilé à "absence de devoirs" et "absence de travail". Il n’y a pas de note chiffrée, certes, mais les élèves sont évalués, les copies sont corrigées, et elles sont notées, avec des codes de couleurs, et même avec plusieurs codes, donc elles sont encore plus "notées" qu’en y apposant une seule note sur 20...

Un enjeu de taille : impliquer l’élève dans sa scolarité

La mise en place de SACoche s’est aussi bien passée auprès des élèves. Ils apprécient évidemment qu’on leur donne "une seconde chance" quand ils ratent une évaluation (ce que je n’ai pas toujours réussi à mettre en place, il faudra sans doute que je m’organise un peu différemment, ou qu’on regroupe des items si ça nous semble possible).

Comme j’ai associé à chaque item un lien internet avec des exercices MathenPoche, cela permet aux élèves de s’entrainer chez eux ou depuis les postes du CDI, pour préparer les évaluations en amont ou pour retravailler leurs points faibles en autonomie (ce qui peut aussi être réalisé en salle informatique sur une partie du temps de cours). Je ne prétends pas que SACoche les rende meilleurs, mais ils ont des clefs supplémentaires pour s’investir dans leur travail.

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De plus, j’ai récemment ajouté une fonctionnalité : la possibilité pour l’élève d’indiquer des items sur lesquels ils souhaiteraient être évalués. On pourrait rapprocher cette démarche de celle de Gibii pour le b2i, sauf qu’ici le professeur ne valide pas une demande sur la base de présupposés ou de justificatifs sur l’honneur que l’on peut trouver sur internet, il propose une évaluation à l’élève et en saisit ensuite le résultat. Personnellement c’est quelque chose que je ne sais pas encore bien gérer, mais j’ai reçu des témoignages de collègues qui fonctionnent ainsi : c’est certainement le meilleur moyen pour que l’élève s’investisse dans ses apprentissages.

Enfin, certains avaient une inquiétude pour les très bons élèves, ceux qui font la course pour être premier de la classe : l’absence de note sur 20 les démotivent-ils ? Apparemment non. D’une part il arrive que certains n’aient qu’un point vert - voir un point rouge - à un moment donné, ce qui les remet en cause. D’autre part, effectuer un sans-faute en obtenant 2 points verts à tous les items les motive tout autant que de tenter le 20/20. Des collègues ont même remarqué que certains additionnent leur nombre de points verts, pour déterminer celui qui en récoltera le plus !

Un logiciel, une communauté

La philosophie de Sésamath est que le fruit du travail de chacun soit partagé afin de pouvoir bénéficier à tous. Ainsi, dans la précipitation de la rentrée, SACoche fut mis en ligne sur Internet, et chacun peut depuis l’utiliser gratuitement (le programme est sous licence libre GPL ; une version téléchargeable et installable est en prévision, mais cela demande encore un gros travail et pose des difficultés techniques).

Depuis, les demandes d’inscriptions d’établissements affluent sans discontinuer (en moyenne 2 à 3 par jour). En quelques mois des centaines de professeurs ont utilisé SACoche, évaluant des milliers d’élèves. Cet engouement montre avant tout la forte attente en ce domaine, demande accentuée par la généralisation de la mise en place du socle commun et l’échéance du brevet 2011 qui se rapproche.

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En parallèle, une véritable communauté d’utilisateurs est née sur Sésaprof, site d’accès restreint destiné aux professeurs de mathématiques. Ainsi plus de 400 messages ont été postés en quelques mois sur le forum correspondant. Sans compter les courriels que j’ai reçu directement. On peut parier qu’un espace libre d’accès ouvert à tous les utilisateurs aurait rencontré encore davantage de succès.

Ce forum permet d’échanger sur les pratiques, de faire remonter des bugs, d’exprimer des souhaits de fonctionnalités supplémentaires. Bien des nouveautés développées depuis septembre ont ainsi pour origine des demandes d’utilisateurs.

Et le socle commun dans tout ça ?

SACoche n’a pas du tout été pensé initialement comme un outil pour valider le socle commun, mais bien comme cela a été dit dès le départ pour évaluer les élèves.

Certes, la demande institutionnelle d’aujourd’hui consiste en la validation d’un socle. Et je suis souvent contacté par des chefs d’établissements qui cherchent un outil uniquement dans ce but là. Je me demande d’ailleurs s’il faut un outil informatisé pour cela : s’il suffit de noircir quelques cases sur une attestation (que de toutes façons presque tous les élèves auront, au même titre que le b2i), il n’y a qu’à se réunir en équipe comme c’est proposé dans les textes officiels, cocher les cases et puis voilà, on a validé le socle commun... en commun ! Exit l’évaluation par compétences et l’intérêt pédagogique qui va avec...

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http://dangerecole.blogspot.com/
http://dangerecole.blogspot.com/
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Mais cette certification n’est pas l’objectif en lui même. Le but sous-jacent est bien de faire évoluer en amont les pratiques de formation et d’évaluation (c’est ce que l’on appelle le "pilotage par l’examen" !), de promouvoir l’approche par compétences de l’enseignement afin de mieux prendre en compte les difficultés des élèves les plus faibles et de valoriser leurs progrès. Il serait donc dommage de faire une fixation sur les 4 pages de l’attestation de maîtrise du socle, qui n’est d’ailleurs pas du tout un outil opérationnel de suivi pédagogique de l’élève au cours de sa scolarité.

Néanmoins, si valider l’attestation est distinct de l’évaluation des élèves au quotidien, celle-ci le prépare. Il serait dommage d’avoir justement à disposition un outil de suivi des acquis des élèves et de ne pas s’en servir pour valider le socle. SACoche, qui a en mémoire le contenu du socle commun, permet de relier les items des matières à ceux du socle commun, et ainsi de donner des indications de l’état de maîtrise du contenu de chaque rubrique par l’élève. Depuis l’été 2010, SACoche dispose d’un module de validation des items et des piliers du socle, conformément aux textes officiels. Sauf que cette validation ne s’effectue pas à l’aveugle, mais bien avec l’éclairage des évaluations effectuées par les professeurs.

Les indications données par les évaluations pour aider à la décision peuvent être imparfaites, suivant l’usage que l’on en fait, comme pour tout outil. Ainsi beaucoup de professeurs vont n’avoir qu’une grille de savoirs et savoirs-faire (ce qui a des avantages certains) ; or le socle commun ne se réduit pas à une accumulation de savoirs et savoirs-faire. Il y a alors un travail à mener pour intégrer dans sa pratique l’évaluation de compétences par des situations complexes... ce qui, sorti du cadre théorique, n’est pas simple à mettre en œuvre.

Pour conclure

Je remercie de CA de Sésamath de m’avoir soutenu et donné les moyens de développer SACoche. Il reste encore du travail à mener, mais il est toujours gratifiant de recevoir les remerciements et la reconnaissance des collègues. Plusieurs autres outils voient le jour actuellement dans ce domaine, et c’est une très bonne chose ; le sujet étant complexe, il y a différentes manières de l’aborder : cela permettra aux professeurs d’avoir le choix et de s’orienter vers celui qui leur semblera le plus pertinent et le mieux adapté à leurs besoins.

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L’Envolé Numérique 2.0

A ce propos, le samedi 10 avril 2010 j’animerai à La Réole un atelier présentant SACoche lors du salon "Envolée Numérique 2.0". Si vous êtes proches de l’Aquitaine, votre présence permettrait d’y confronter votre expérience avec celles de nombreux utilisateurs, d’y découvrir de nouveaux usages, de montrer votre attachement à votre liberté de choix des outils et votre satisfaction dans leur utilisation. C’est dans cette optique que nous serions heureux de réunir la plus grande communauté d’utilisateurs possible, et que je prendrai plaisir à vous y retrouver.


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