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Trois années d’utilisation d’un TBI en cours de Mathématiques
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Mis en ligne le 29 novembre 2008, par Christophe Prévot

Le collège où j’enseigne est un collège important (750 élèves) situé dans une petite ville de campagne (6000 habitants). Il draine des élèves à plus de 20 kilomètres de distance et le contingent de demi-pensionnaires est très important. Les distances et la dispersion géographique sont souvent un frein aux échanges entre élèves lors d’absences, d’oublis, etc. Depuis la rentrée 2007 le collège dispose du logiciel PronoteVS permettant notamment de disposer d’un cahier de textes électronique accessible par les élèves et les parents sur internet ce qui permet de combler les problèmes liés aux distances et dispersions.
En 2005 le collège a eu le privilège d’être doté par la mission TICE de l’académie d’un tableau interactif Activboard de marque Promethean, installé en fixe sur le mur principal d’une salle polyvalente ; la station de travail associée est connectée au réseau de l’établissement et accède à internet et l’ensemble est sonorisé avec des enceintes murales permettant une bonne restitution sonore lors de l’utilisation de supports vidéo. Le choix de ce modèle a été fait sur la base de comparatifs et d’essais de modèles d’autres marques. La salle où est installé ce tableau interactif est une salle polyvalente qui sert non seulement pour l’enseignement mais aussi pour des réunions, des formations, etc. Cette salle est également équipée d’un tableau blanc mobile permettant de palier ponctuellement aux dysfonctionnements électriques ou informatiques. Avec le tableau j’ai également fait acheter une ardoise électronique Activslate sans fil de Promethean.
Depuis la rentrée 2007 j’effectue l’ensemble de mes heures de cours de mathématiques dans cette salle, hors cas exceptionnels où un collègue a un besoin impérieux de la salle pour une séquence particulière, journées de formations ou réunions…

Usages du tableau interactif

Le tableau interactif est l’outil de travail standard pendant mes heures de cours ; les usages en sont constants et variés.
J’utilise essentiellement le mode « tableau blanc » (paperboard) du logiciel ActivStudio qui permet de disposer de pages vierges sur lesquelles écrire. Dans de nombreux cas je colore le fond d’une couleur sombre permettant à l’intervenant au tableau de ne pas être aveuglé par la projection d’un fond clair par le vidéoprojecteur. Ces pages peuvent ensuite être enregistrées en mode propriétaire permettant de les ouvrir ultérieurement pour les visualiser, les réutiliser ou les modifier grâce au logiciel, ou enregistrées en PDF pour les mettre à disposition des élèves soit dans le cahier de textes électronique soit sur mon site internet personnel avec un accès réservé aux élèves par authentification (le déploiement d’un vrai ENT serait nettement préférable…).
J’utilise également le mode « calque de bureau » (annotation du bureau ou paperboard de bureau) du logiciel qui permet d’ouvrir un document existant (document textuel, image fixe, animation) disponible sur clé USB, sur le réseau ou internet, ou un logiciel annexe (logiciel de géométrie dynamique ou LGD, tableur) pour écrire des annotations manuellement via une « feuille virtuelle » de calque placée « devant ».
Les autres usages (constructions et réflexions en géométrie avec un LGD, travail statistique sur tableur, visualisation de constructions animées) tiennent plus de l’usage simple d’un vidéoprojecteur. Néanmoins, le tableau interactif facilite ces usages en me replaçant devant les élèves plutôt que dans un coin de la salle devant un ordinateur…

L’ardoise numérique


Lorsqu’un élève est au tableau pour une correction ou pour réaliser un travail et que je suis dans les rangs pour contrôler le travail des élèves ou donner des conseils, je peux à tout moment intervenir directement au tableau grâce à cette ardoise. Cela m’évite d’avoir à me déplacer jusqu’au tableau et me permet d’apporter des éléments complémentaires écrits directement sur le tableau.
Lorsqu’un élève est incapable de se déplacer au tableau (handicap ponctuel ou non) je lui donne l’ardoise afin qu’il puisse intervenir au tableau depuis sa place. Il est alors acteur à part entière de la séance et ne se sent plus isolé.

Les corrections d’exercices ou d’activités


L’ensemble des corrections se fait sur le tableau interactif dans la partie dite tableau blanc. Il s’agit souvent de pages vierges dans lesquels les élèves et moi pouvons écrire de manière manuscrite avec le stylet, copier/coller des éléments graphiques ou textuels. Dans les cas de certains travaux, j’ai préparé à l’avance les pages dans lesquelles la correction va s’effectuer. L’avantage est double : le support peut être préparé à l’avance et le document final peut être enregistré pour être réutilisé ultérieurement ou mis à disposition des élèves.


Corrections de figures de géométrie ; l’utilisation du bouton « Rotation » par le professeur a permis de simuler le demi-tour d’une figure par rapport au centre. Les élèves avaient à effectuer ce travail à l’aide de papier calque.


Correction d’une activité faite durant une séance ; le document était préparé à l’avance et se composait de plusieurs pages affichées au fur et à mesure du travail et des débats…


Correction d’exercice par un élève avec annotations en couleur par le professeur depuis la salle grâce à l’ardoise.

Dans de nombreux cas je distribue aux élèves une fiche de travail que j’ai réalisée auparavant. Je peux alors projeter la fiche ce qui permet de disposer au tableau du même document (même écriture, même configuration des éléments, etc.) que les élèves. Le mode d’annotation du bureau permet d’écrire directement, sur un calque virtuel placé « devant » le document, des commentaires ou des corrections. L’utilisation des instruments virtuels de géométrie fournis avec le logiciel est également un plus très important car les élèves visualisent les manipulations avec des instruments de géométrie « comme les leurs » (semi transparents, etc.) dans une situation identique à la leur.


Fiche élève projetée et annotations en direct ; l’objectif était l’apprentissage de la manipulation du rapporteur en 6e. Les élèves disposent du même document sous format papier.

J’ai même eu l’occasion d’utiliser la fonction de caméra propre au logiciel pour enregistrer en format AVI une manipulation « technique » qui est ensuite diffusée au besoin et mise à disposition des élèves soit sur le réseau de l’établissement soit sur un site internet. Cela permet de se constituer une banque de ressources vidéo spécifiques et commentées oralement grâce à un micro.

Il m’arrive aussi parfois de numériser à l’avance avec un scanner, ou pendant une séance en utilisant un appareil photo numérique, un document d’élève (copie, feuille de travail, cahier d’exercices) afin de le projeter et de l’utiliser pour faire réfléchir les élèves ou leur montrer des exemples de travaux aboutis ou au contraire non aboutis pour débattre sur le bien fondé d’expliciter davantage, d’être plus rigoureux, etc. Le mode d’annotation du bureau permet alors de rapidement enrichir le document.

La synthèse de cours


J’écris la synthèse de cours de manière manuscrite sur le tableau, dans un document qui se prolonge à chaque séance. J’ai actuellement deux documents de cours ouverts en parallèle, l’un pour la partie géométrique, l’autre pour la partie numérique. Les élèves disposent d’un cahier « coupé » en deux parties. A chaque fois que de nouveaux éléments viennent enrichir le cours, le document concerné est « mis à jour » puis exporter en format PDF et déposé sur un site internet accessible uniquement aux élèves par l’intermédiaire d’un mot de passe. Cela permet aux élèves absents disposant d’internet à domicile de retranscrire le cours et à ceux n’ayant pas eu le temps de recopier quelque chose de le reprendre ultérieurement, soit depuis le CDI soit depuis leur domicile. Dans certains cas ce sont les parents qui profitent de l’accès internet de voisins ou de leur accès professionnel pour récupérer le document et le transmettre à leurs enfants.


Première page de la partie numérique du cours de 5e disponible sur internet en format PDF.


Page du cours de la partie géométrique ; ici une figure d’une activité a pu être directement copiée/collée. Les élèves ont quant à eux découpé celle réalisée sur une feuille indépendante pour l’insérer dans leur cours.

Constats et conclusions


Dès les premières heures les élèves sont fascinés et attirés par ce tableau ; ils sont plus attentifs et heureux d’être « envoyés au tableau ». Avec le temps, l’attirance et la fascination diminuent notablement mais certains sont toujours envieux d’aller écrire et manipuler. L’utilisation du tableau leur permet d’apprendre en regardant faire et ils sont toujours capables de reproduire les manipulations informatiques.
Après trois années d’utilisation, les principaux avantages que je vois dans l’utilisation de ce tableau sont :
- la possibilité de préparer à l’avance un document qui sera utilisé aussi par le professeur en correction,
- la possibilité d’enregistrer pour reprendre ultérieurement un document ou des annotations,
- la possibilité de mettre à disposition un document ou des annotations.

Les rares fois où je suis obligé de céder la salle et où je me retrouve dans une salle traditionnelle (ou en cas de problèmes techniques) je ressens fortement qu’il me manque quelque chose. Le TBI, sans avoir révolutionné fondamentalement mes méthodes d’enseignement, apporte un plus indéniable dans ma méthode de gestion du cours de mathématiques et de sa diffusion.


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