Mathématice, intégration des Tice dans l'enseignement des mathématiques  
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Jouer dans Kidimath
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Plan

À l’origine destinés essentiellement aux enseignants, les sites de Sésamath ont progressivement été utilisés directement par les élèves et les familles. Constatant cette évolution, l’association Sésamath a décidé en 2007 de lancer Kidimath, qui va ouvrir le 30 mai 2009 (www.kidimath.net).

Dès le départ, le concept même de ce site a consisté à concilier deux entrées différentes, l’une de nature scolaire et directement en lien avec les contenus d’enseignement, et l’autre centrée sur le jeu mathématique.

L’objectif de cet article est d’essayer de décrire les rouages de cette articulation, ce qui en est attendu, mais aussi les perspectives ouvertes.

Largement exploratoire, cette façon d’imaginer l’accompagnement à la scolarité devra être confrontée par la suite à la réalité des utilisations et des usages. Faute de pouvoir le faire dès à présent, l’idée est d’analyser ici les intentions de Kidimath dans ce domaine.

Maths et TICE, déjà un jeu ?
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Quand on lit par exemple les commentaires des élèves sur le logiciel Mathenpoche ou bien à l’issue du rallye calculatice, on voit que la notion de jeu est déjà bien présente dans leur esprit. Pour certains élèves, faire des mathématiques est en soi un jeu, voyez en particulier certaines analyses de Jacques Nimier sur cette réalité. Pour d’autres, la seule utilisation des nouvelles technologies, avec les interactions qu’elles permettent, est aussi un jeu. Il existe donc a priori déjà une proportion non négligeable d’élèves (mais quelle est-elle ?) pour qui « faire des Maths avec un ordinateur » constitue intrinsèquement du jeu. On peut penser que pour ces élèves-là au moins, la partie « Â scolaire » de Kidimath relève elle-même du jeu, même si de façon évidente, il s’agit d’un « jeu sérieux ».

Cette perception sera-t-elle durable, par exemple quand l’usage des ordinateurs aura à ce point pénétré le système scolaire qu’ils en deviendront banals ? Gagnons en tous cas qu’il reste une certaine marge !

Certains exercices de Mathenpoche utilisent déjà clairement le levier du jeu. Dans l’exemple ci-dessous, l’enrobage de l’exercice fait appel à un jeu de triominos. Dérivé des dominos, le jeu est ici importé d’un jeu classique.

C’est d’ailleurs l’un des grands biais pour créer des jeux mathématiques : utiliser l’architecture de jeux existants et y ajouter des mathématiques. Un autre exemple avec le « quadricalc » de Calculatice, qui fait clairement penser à un tetris, même si la problématique y est bien différente.

Est-ce qu’un élève qui utilise cette application se rend compte qu’il renforce sensiblement sa maîtrise des calculs automatisés, ceux-là même qui font souvent si cruellement défaut à nos élèves ?

Est-ce qu’un élève voit d’abord le jeu ou les calculs ? Est-ce d’ailleurs vraiment important ?

Un espace de jeux dédié
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Il existe beaucoup de jeux mathématiques gratuits et éparpillés sur la toile. Il existe aussi des sites spécialisés dans des jeux gratuits en ligne pour les enfants. Mon fils par exemple a compris depuis ses 5 ans qu’en tapant « jeux enfants » sur Google, il tombait sur des sites de ce genre. Ces sites sont « pratiques » car ils rassemblent un tas de jeux différents, souvent rangés par rubriques (jeux d’aventure, jeux d’arcade..) et qui ne nécessitent pas d’installations particulières, ils s’utilisent directement en ligne. La concentration et l’accessibilité font qu’un enfant (ou un adulte !) y entre par une des applications et en découvre d’autres, de fil en aiguille.

A ma connaissance, il n’existe rien de tel pour les jeux mathématiques. A terme, l’une des ambitions de Kidimath est de créer un tel espace. seulement , car la collection d’exercices reste essentiellement à construire. Il existe déjà, dans la sphère Sésamath, des projets pourvoyeurs potentiels de tels jeux mathématiques, en particulier le projet calculatice, piloté par l’IA59. Un autre jeu tel que le socoban a été implémenté : pour ceux, nombreux, qui ont déjà utilisé le logiciel Lilimath en classe (j’en fais partie), ce jeu leur rappellera le célèbre Trougloss.

Mais l’intérêt de mutualiser, c’est aussi de rassembler de bonnes idées, venues d’ailleurs. C’est par exemple le cas du jeu Mathador, développé par Eric Trouillot et qui fait l’objet d’un article dans ce dossier. Ce jeu « plateau » a une variante numérique directement intégrée dans Kidimath.

Espérons que cet exemple en amènera bien d’autres : la porte est grande ouverte ; si vous êtes vous-mêmes développeurs de jeux mathématiques utilisables en ligne gratuitement (et si possible sous licence libre), si vous cherchez l’endroit où ces jeux pourront être massivement utilisés... Kidimath est là et vous tend les bras !

D’autres formes de jeux
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Il est possible pour un élève de s’identifier à Kidimath (inscription libre et gratuite). Pour la partie « scolaire » cette identification permet un suivi de l’historique de ce que l’élève a pu faire (par exemple enregistrement des scores aux exercices Mathenpoche...).

Mais cet enregistrement offre aussi d’énormes potentialités concernant la partie « jeux ».

En effet, qui dit inscription, dit mémoire et donc possible évolution à l’intérieur d’un jeu ou d’un ensemble de jeu. Dans l’exemple du Trougloss, organisé en niveaux de difficulté croissante, il est ainsi possible de mémoriser l’avancée dans le jeu.

Plus ambitieux encore, le projet des « ceintures noires de calcul mental ». L’idée, comme au judo, est de passer un certain nombre de ceintures, en commençant par la blanche, jusqu’à la noire dixième dan. Un ceinture consiste en un ensemble d’exercices issus de calculatice (et paramétrés finement) pour lequel il faut obtenir un score minimum.

Dans ces 2 cas, le jeu se dédouble d’une motivation pour progresser dans un parcours.

Dans la même logique, et toujours en s’inspirant de l’univers des jeux en ligne (bien connu des élèves), l’idée (sans doute à partir de septembre 2009) est de créer des jeux-défis, avec meilleurs scores publiés... jeux périodiquement renouvelés.

Il a été imaginé de proposer de belles figures à construire (papier/crayons/instruments réels) à partir de programmes de constructions. Pour chaque étape, l’élève pourrait par ailleurs visualiser la construction à l’aide d’une animation avec Instrumenpoche, lui permettant de valider sa construction ou de l’aider s’il est en difficulté.

Exemple : construction d’une cardioïde

ɉvidemment, il reste bien d’autres pistes à explorer et à expérimenter. Vos bonnes idées et vos propositions sont toujours les bienvenues !

Comment les parties jeux et travaux scolaires vont-elles cohabiter dans Kidimath ? Est-ce que des élèves arriveront par l’une pour ensuite se reporter sur l’autre ? Si oui, plutôt dans quel sens ?

Y aura-t-il des utilisations complémentaires : d’abord un peu de scolaire, puis un peu de jeux ? Ou l’inverse ?

Il n’est pas possible de le dire maintenant et pour cause. Il s’agit bel et bien d’un pari. Mais il n’y a finalement pas grand chose à perdre dans un tel pari, car l’essentiel pour Sésamath est de que nos élèves fassent plus de mathématiques et surtout qu’ils évoluent dans la perception de cette discipline. C’est tout le succès qu’on souhaite à Kidimath.


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