Les nouvelles technologies pour l’enseignement des mathématiques
Intégration des TICE dans l’enseignement des mathématiques

MathémaTICE, première revue en ligne destinée à promouvoir les TICE à travers l’enseignement des mathématiques.

LaboMEP : paroles d’utilisatrices et d’utilisateurs
Article mis en ligne le 17 juillet 2023
dernière modification le 26 novembre 2023

par Olivier Jaccomard

N.D.L.R : Quand vous aurez lu l’article qui suit, je ne doute pas que nombre d’entre vous (re)viendrez vers LaboMEP (complètement rénové en JavaScript) et le proposerez comme outil au quotidien à vos élèves, comme l’ont fait les collègues qui s’y expriment.
Pour beaucoup d’élèves, ce sera un geste salvateur et porteur de progrès !


I) Introduction

LaboMEP (pour « Laboratoire Math En Poche ») est une interface libre, gratuite, respectueuse de la vie privée et sans but lucratif. Elle permet de programmer des séances d’exercices en ligne.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, vous la trouverez ici :

LaboMEP joue un rôle non négligeable dans l’enseignement des mathématiques : environ un million d’exercices y sont effectués par mois.



L’interface en est souvent décriée pour son aspect graphique peu attractif, mais elle répond efficacement aux besoins : créer une séquence associant élèves et exercices ne prend que quelques secondes. Voici une idée de l’aspect de l’interface :

Figure 2

Nombreux sont les professeurs qui ont cru qu’avec l’abandon des contenus en Flash, Sesamath n’aurait plus de ressources à proposer. Bien au contraire, l’association a continué de produire des ressources, en Javascript cette fois, et LaboMEP s’enrichit en permanence de nouveaux contenus : à l’heure actuelle (juillet 2023), il y a 3043 contenus « officiels » totalement fonctionnels dans la bibliothèque (ce qui figure à gauche dans l’interface), et … 42520 ressources modifiées par des utilisateurs ! Souvent, la nostalgie fait dire aux utilisateurs que les exercices Flash n’ont pas leur équivalent en Javascript J3P (la surcouche à Javascript utilisée pour faire fonctionner les exercices). C’est une vision trop pessimiste ! Car en réalité, LaboMEP va beaucoup plus loin : en plus des automatismes classiques style Flash, il propose des graphes de parcours, des exercices plus ouverts, etc. Si vous êtes intéressé par un tutoriel complet qui montre les nouvelles possibilités de la version actuelle, il est ici.

Cette version de LaboMEP est en ligne depuis trois à quatre ans. Il était donc intéressant de faire le point sur la façon dont étaient perçues toutes ces mutations (de nouvelles ressources, des démarches de résolution plus variées, beaucoup de bugs de la première version corrigés, etc.) et de demander aux utilisateurs leurs impressions.

Voici donc un résumé et une analyse des témoignages recueillis, divisés en deux parties :

  • La première exploite un formulaire, toujours disponible ici, et que vous pouvez donc compléter si vous souhaitez enrichir les données (une vingtaine de questions, 20 à 30 min).
  • La deuxième partie synthétise des témoignages non guidés, envoyés suite à mon appel.

II) Les réponses via le formulaire

Voici, donc, l’analyse des réponses obtenues via le formulaire (remarque : la somme des pourcentages dépasse 100, plusieurs réponses étant acceptées pour une même question).

À la question « Où utilisez-vous LaboMEP ? » :

  • 24% l’utilisent en classe sur tablette ou téléphone (y compris en collège),
  • 54% l’utilisent en salle dédiée sur ordinateur,
  • 88% l’utilisent hors cours, chez les parents.

LaboMEP est donc surtout utilisé comme outil de consolidation des notions (devoir maison, accompagnement personnalisé), ou outil de révision avant une évaluation sommative. A noter que les enseignants interrogés mentionnent souvent qu’ils ne refusent pas de répondre à des questions en classe sur les exercices en ligne demandés à la maison.

Quelques témoignages plus précis :

  • « En classe le travail est principalement en binôme pour améliorer la compétence communiquer et développer l’intelligence interpersonnelle. À la maison, je donne une semaine pour faire le travail et je fais attention qu’il y ait un week-end inclus dans ce temps pour les enfants en garde alternée qui ne disposent pas forcément d’un ordinateur chez les deux parents. »
  • « J’utilise LaboMEP lors de certaines séances d’Accompagnement Personnalisé ou pour donner des exercices d’entraînement aux élèves en dehors des heures de cours. »
  • « En classe, pour de la différenciation par exemple ou pour recentrer les élèves sur une notion ou un chapitre. »
  • « J’utilise LaboMEP en salle dédiée, sur ordinateur pour faire réaliser tous les exercices sur Scratch à mes 4e, cela permet la différenciation une fois les exercices terminés. Je mets les exercices de 3e en bonus pour ceux qui avancent plus vite [...]. Cela permet aux élèves qui ont besoin de plus de temps pour réaliser les exercices jusqu’au niveau 4ème de pouvoir faire et refaire jusqu’à obtention d’une très bonne note (je mets une dizaine d’exercices sur une note coefficient 1), cela me donne environ 2 à 3 notes dans l’année. Pour mes 6e, même façon de faire avec un niveau moins élevé. Hors cours, chez les parents, je fais réaliser 3 à 4 exercices par semaine, ce sont mes DM1.
    En revanche, je n’utilise pas LaboMEP pour la géométrie à tracer, je garde le papier, le crayon et les instruments de géométrie. J’utilise aussi LaboMEP en remédiation, et parfois, je crée mes évaluations à partir des exercices proposés par LaboMEP (exemple en 4e avec la multiplication et division de fractions). Cela me permet de montrer ce qui est en jeu et de travailler [la notion] en classe, de la proposer en entraînement avant l’évaluation, puis de la proposer, exercice par exercice en remédiation après l’évaluation. Quand la fin de l’année scolaire n’est pas trop proche, je propose ensuite la possibilité de refaire l’évaluation. Il m’arrive aussi de noter la remédiation. »
  • « En collège : à la fin d’un chapitre ou d’une séquence, en début de semaine, je fais des évaluations formatives en classe sur LaboMEP. Mes élèves doivent faire les exercices sur leur tablette une seule fois, dans l’ordre.
    En remédiation, en devoir maison pour la fin de la semaine, ils retrouvent le même travail. Ils peuvent refaire les exercices autant de fois qu’ils le souhaitent. Ils visent souvent le 100%.
    En terminale technologique, je leur laisse des devoirs maison sur LaboMEP sur les Automatismes, par exemple. »
  • « En classe de sixième, afin d’habituer les élèves, cela se fait régulièrement en AP. Pour les autres niveaux et en dehors de l’AP, les élèves peuvent venir, quand ils ont étude, travailler au fond de ma salle (pc disponibles). Sinon les séances sont à faire à la maison en général. »
  • « Les élèves utilisent LaboMEP chez eux, des ordinateurs portables sont disponibles en permanence, au CDI. On a même utilisé « ruffle » pour retrouver les exercices Flash sur les opérations posées en sixième. ( Il n’y a pas encore l’équivalent en J3P...). »

À la question « Exploitez-vous les scores de LaboMEP ? » :

  • 32% ne le font pas.
  • 10% le font dans certains cas et pas dans d’autres.
  • 58% le font systématiquement.

À l’origine, LaboMEP n’a pas été conçu pour être un outil d’évaluation sommative, et était présenté comme un outil de consolidation et de mémorisation des savoir-faire. Mais on constate que les enseignants, même s’ils considèrent que LaboMEP est un outil d’évaluation formative, comptent souvent les scores dans la moyenne des élèves : le principal argument est que cela aide les élèves à se motiver. En revanche, il s’agit très souvent d’une note avec un faible coefficient, ou « bonus ». En somme, c’est un moyen de valoriser le travail personnel, tout en ayant bien conscience que le véritable test de la compétence ne se fait pas sur LaboMEP.

À la question « Sur quel(s) niveau(x) utilisez-vous LaboMEP ? » :

Un graphique permet de mieux résumer les données :

Figure 3

Comme on peut le voir sur ce graphique, LaboMEP répond aux besoins de presque tous les niveaux, même si le cœur d’utilisation reste le collège, puis la seconde générale.

À la question « À quelle fréquence utilisez-vous LaboMEP ? » :

  • 7% ne font qu’une série (un item de la partie gauche) par chapitre.
  • 41% font une séquence (regroupant 2 à 10 séries d’exercices) par chapitre.
  • 15% font une séquence, par semaine.
  • 34% utilisent LaboMEP de façon irrégulière, en fonction des besoins.

Majoritairement, on voit que les enseignants privilégient une utilisation régulière, avec des groupes de séries par chapitre.

À la question « Comment utilisez-vous LaboMEP ? » :

  • 75% destinent la séquence à la classe entière ou au groupe. 39% font des groupes de besoin.
  • 29% modifient les paramètres des ressources, et 5% créent des ressources ex nihilo, à l’aide de MathGraph32.
  • 24% conditionnent le passage à une série suivante au score obtenu à la série précédente.
  • 49% imposent des dates de début et de fin.

Deux points sont à remarquer :

 La remédiation par niveau de difficulté constitue une part importante des utilisations. Par exemple :
« Je crée essentiellement des groupes de besoins en fonction de mes observations.
Exemple (nombres décimaux en 6e) : série 1 : écriture - série 2 : valeurs des chiffres - série 3 : comparaison. Je crée ensuite des groupes d’élèves auxquels j’associe 1 ou 2 séries (ou pas pour certains) »

 Une part non négligeable des enseignants maîtrise la modification des paramètres des ressources.

À la question « Comment qualifieriez-vous l’impact de LaboMEP sur la compréhension de vos élèves ? » :

 Tous les enseignants estiment que cela change quelque chose par rapport à une pédagogie sans LaboMEP.

  • 56% estiment que l’impact est presque toujours positif.
  • 27% pensent que l’impact est parfois positif.
  • 32% trouvent que cela dépend beaucoup des élèves.
  • 17% ont remarqué que cela dépendait de la notion abordée.

Quelques témoignages plus précis :

  • « Cela permet de réconcilier certains élèves avec les maths. Il y a une très grande progression des élèves. Le fait d’ avoir 20 à la maison leur donne envie d’avoir d’autres 20, ils se prennent au jeu et recommencent un exercice plusieurs fois pour enfin le réussir. »
  • « Le côté répétitif convient à de nombreux élèves et le fait qu’ils y arrivent en s’entraînant leur montre qu’en mathématiques il n’y a pas de fatalité. Pour progresser il faut s’exercer ! »
  • « Il y a ceux qui se prennent au jeu et qui aiment : pour ceux-la, même si les résultats en classe ne sont pas forcément au rendez vous, je trouve très positif qu’ils aiment et qu’ils soient sûr d’avoir 5/5 s’ils y mettent le temps nécessaire. Certains ne se prêtent pas au jeu, ont 0 ou ne le pratiquent que de temps en temps, pour ceux-la l’intérêt est mitigé. »
  • « Très positif, surtout à destination des élèves moyens ou fragiles, des progrès notés sur le long terme. J’avais demandé un retour à mes élèves l’année dernière : malgré le travail supplémentaire induit (1h00 par semaine environ), les élèves qui ont « subi » LaboMEP pendant 4 ans de collège avaient plébiscité le maintien du dispositif, leurs raisons : travailler et progresser à son rythme, s’entraîner, avoir une aide interactive pour certains qui n’osent pas poser leurs questions en classe, améliorer leur moyenne... »
  • « Comme ne sont comptées dans notre collège que les meilleures notes ou que les 100%, les élèves comprennent vite l’impact que cela a sur la moyenne, qu’il n’y a aucun risque à utiliser LaboMEP et que cela ne comporte que des avantages. De plus comme certaines séquences préparent bien aux contrôles par contrat de confiance (méthode Antibi), les élèves y voient aussi l’effet bénéfique. »

À la question « Comment qualifieriez-vous l’impact de LaboMEP sur la motivation de vos élèves ? » :

  • 78% estiment que cela a poussé quelques élèves à travailler davantage pour mieux comprendre.
  • 32% pensent que cela a modifié la dynamique de la classe.

D’après les précisions apportées dans les réponses, il semble que, souvent, cela rassure les élèves tangents ou faibles et leur redonne confiance.

III) Quelques témoignages personnels

Certains enseignants m’ont fait parvenir leur réponse par mail, en me décrivant leur façon d’utiliser LaboMEP et leur ressenti. Les voici :

a. Un témoignage multi-niveaux

Je m’en sers de deux manières en collège ou en lycée et même avec mes étudiants, futurs professeurs des écoles.

Pour les élèves de collège ou de lycée, chaque semaine je prépare une séance en classe qu’ils font en binômes. Les deux noms apparaissent dans les scores. Je laisse les élèves consituer leur binôme. À chaque séance en général ils doivent changer de partenaire.

Pour avoir 5/5 ils doivent avoir fait 5 exercices à 100%. Je mets 0,5 pour les exercices où ils obtiennent plus de 80% de réussite. Au bout de 4 séances cela fait une note sur 20.

L’essentiel est que les deux membres du binôme soient de niveaux différents. Le « bon » doit expliquer au moins bon. Les ardoises sont utilisées pour faire quelques démonstrations ou calculs.

Je favorise en effet beaucoup l’entraide, si un élève est en grosse difficulté, son binôme aura 5 même si tous les exercices n’ont pas été faits. J’explique à l’élève qui est en difficulté qu’il rend service au partenaire car il l’oblige à lui expliquer et ainsi celui-ci deviendra encore meilleur. Les « bons » élèves s’appliquent et trouvent des façons ingénieuses pour expliquer. Ils éprouvent du plaisir à le faire.

La consigne est de prendre le temps de s’expliquer et d’être d’accord avant de cliquer sur la réponse. Ils travaillent ainsi la compétence « communiquer ».

Cet objectif est compliqué pour les enfants précoces qui essaient de se retrouver seuls quand les classes ont un effectif impair. Ils me disent : « Cela va trop vite dans ma tête ! Je n’arrive pas à expliquer. » J’insiste et les oblige à trouver quand même un partenaire.

Je me souviendrai toujours de ce jeune qui deux mois avant la fin de l’année a réussi à expliquer à ses camarades. Une véritable joie ! Il était métamorphosé. Du coup il se levait après spontanément pour aller aider les groupes en difficulté.

Un jour, une collègue est venue, pendant une séance informatique, elle m’a reproché que le volume sonore de ma classe était trop élevé. Ils étaient 36 répartis dans deux classes séparées par une vitre. Je lui ai demandé de bien écouter les élèves : ils ne parlaient que de maths et certains même « s’engueulaient » pour …des maths. Quelle merveille !
Néanmoins je leur demande de chuchoter.
Ainsi tout se passe bien.

La deuxième utilisation de LaboMEP se fait en travail du soir. Je donne au moins une semaine en général pour le faire, à cheval sur un week-end car nombreux sont en garde alternée et quelques-uns n’ont pas d’ordinateur chez l’un de leurs parents. J’écris sur le cahier de textes le jour où ils peuvent commencer le travail avec LaboMEP, puis un autre jour je leur rappelle de le poursuivre et enfin je leur signale le jour où il doit être terminé. Tout cela pour éviter que LaboMEP soit utilisé en une seule fois. Il faut qu’il y ait une répétition des exercices pour que le cerveau enregistre à long terme.

Là aussi il y a 5 exercices à faire. Certains exercices sont constitués de 10 questions : ainsi avec LaboMEP les élèves font beaucoup plus d’exercices à la maison.

Il y a une « carotte » : la note. Ils ont le droit de refaire un exercice autant de fois qu’ils veulent, c’est même vivement conseillé, et c’est toujours le meilleur score qui est retenu. Ils peuvent, à force de persévérance, obtenir un 20. Et, là, je suis sûre qu’ils vont devenir accros, ils se dépassent pour toujours obtenir une très bonne note ! Ils prennent confiance en eux.

Pendant cinq ans, j’ai travaillé dans un collège sans mettre de notes. J’ai trouvé cela super ! Depuis, dans les autres établissements où j’ai travaillé, les notes sont à l’honneur. Je m’en sers alors positivement pour donner aux élèves l’envie de travailler et de réussir.

Il ne faut surtout pas mettre les exercices LaboMEP avec un coefficient 0,25 et les devoirs sur table avec coefficient 1, mais mettre coefficient 1 à chaque exercice LaboMEP et les devoirs sur table coefficient 4. Le rapport est le même mais, pour nombre d’élèves, travailler avec LaboMEP prend ainsi plus d’importance. Chut !

Pendant la semaine je peux énoncer les notes intermédiaires obtenues avec LaboMEP pour stimuler les uns ou les autres. SI le travail n’est pas fait, les parents sont alertés par mail. Mon objectif est que le travail soit fait. Je peux alors être souple quant au temps mis pour que ces exercices avec LaboMEP soient réalisés.

Petit à petit les parents n’en reviennent pas de leur appétit pour les maths !

Quels sont les inconvénients de LaboMEP ? 

  • Les 15 premiers jours d’installation.
    Il faut en effet récupérer les listes et définir les mots de passe avec les élèves. Le plus simple est de faire le changement de mot de passe en classe. Mais même avec les lycéens il y a des mots de passe mal recopiés. C’est difficile de distinguer une majuscule d’une minuscule…
  • Certains parents s’assoient à côté de leur enfant pour l’aider. Je peux alors quelquefois faire le test de redonner en classe un exercice qui était à faire à la maison. Mais surtout j’explique aux parents qu’ils ne rendent pas service à leur enfant, car même s’il a bien compris, il risque de perdre ses moyens quand il sera seul devant sa copie. Et puis je leur conseille de dire non quand leur enfant demande de l’aide, car la première compétence attendue en maths est de « chercher ». Je leur explique que leur enfant trouvera la solution et des explications dans la correction faites par le site. Je les rassure en insistant sur le fait que leur enfant peut recommencer son exercice et que seul le meilleur score compte.
    Et puis ils finissent par se lasser, ils ne peuvent pas être disponibles en permanence.
  • Dans aucune de mes classes je n’ai eu de problème d’ordinateur (même aux Apprentis d’Auteuil !). Les élèves s’organisent, peuvent aller au CDI. Ils sont prioritaires pour travailler sur les ordinateurs. En étude, ils ont aussi accès aux ordinateurs. J’ai même eu des jeunes qui sont allés spontanément à la médiathèque.
    Et l’avantage est que maintenant LaboMEP est adapté aux tablettes !

Les avantages de LaboMEP :

  • Un gain de temps : je ne fais plus de correction collective. En tant que bonne élève ce temps m’ennuyait quand j’étais élève. De plus, je constate qu’il ne sert pas non plus aux élèves en difficulté, ils ont besoin d’une aide individuelle. Ainsi dans toutes mes classes j’ai toujours achevé mon programme !
  • Certains exercices LaboMEP sont très utiles pour revoir les bases, par exemple en seconde.
  • Pendant le temps en salle informatique les élèves ont l’impression que je suis pleinement disponible. De fait je m’assois souvent à côté d’eux.
  • Je découvre une autre facette très positive des élèves. Leur attitude n’a rien à voir avec celle que j’observe en classe. Cela ouvre mon regard.
  • A la vue des résultats je peux discerner très facilement l’exercice qui leur pose un problème. Un élève peut alors montrer à toute la classe comment faire en visionnant l’exercice.
  • Je peux facilement différencier en choisissant les exercices.
  • La progression des acquis des élèves est très nette et rapide !
  • Les élèves apprécient beaucoup de travailler ainsi et sont demandeurs. Même des élèves que j’ai eu l’année précédente me réclament des séances sur LaboMEP.
  • LaboMEP fait partie de leur plaisir de faire des maths !

b. Un second témoignage : exploitation optimisée des scores

Avant toute chose, je remercie Sesamath et toute son équipe pour son travail remarquable.

J’utilise LaboMEP depuis des années (je me souviens de l’époque où il y avait le fameux Flash Player et la sécurité de Windows ...).

Le côté interactif et ludique permet de faire travailler mes élèves en autonomie. La prise en main se fait assez facilement. Le suivi/bilan me permet de voir les progressions de mes élèves. D’autres plates-formes sont proposées pour l’enseignement. LaboMEP me permet de varier mes activités et d’en créer très rapidement et facilement.

Le côté interactif, ludique, permet de faire travailler mes élèves en autonomie :

  • Je note les activités en salle informatique (ensemble pour les initier)
  • Les activités supplémentaires sont gratifiées sous forme de bonus

Les activités ne sont jamais closes afin que les élèves s’entraînent quand ils le souhaitent.

J’ai un site dédié à mes élèves et parents d’élèves afin qu’ils puissent y trouver tous les fichiers et liens que j’utilise aussi en classe sous forme de projection. J’y mets les liens pour les activités GeoGebra, Scratch, LaboMEP ... et fichiers à télécharger.

A chaque chapitre, je propose des activités d’entraînement à LaboMEP. Sur le site, je mets aussi les bilans des activités LaboMEP par niveau.

Chaque élève et ses responsables légaux ont reçu (par mes soins) un lien personnel pour accéder au bilan individuel (Respect du RGPD). Ils peuvent ainsi suivre les évolutions des scores de leur enfant. Je mets à jour les bilans au moins une fois par semaine (voire plus si j’ai le temps).

Certains élèves sont très demandeurs et d’autres beaucoup moins. Je tente de rendre l’accès attractif en donnant des gratifications et observations (voir les copies d’écrans).

J’ai créé des feuilles Excel/Word en codant en WordBasic afin d’automatiser les bilans (individuels/personnels), les gratifications, les observations et les bonus pour les bulletins.

Il y a parfois des bugs que les élèves me communiquent via l’ENT. Ils disent que « mon site » se trompe et redonne la même réponse qu’ils avaient validée. Je leur demande de joindre dans ce cas, une copie d’écran afin que je puisse vérifier et remédier.

Ma procédure d’exploitation des données :

1°) J’importe les fichiers « export_table_utf8.csv »
2°) Je le renomme en fonction de l’activité
3°) Dans mon fichier « Bilan.xls » je les importe et effectue ma mise à jour.
4°) Je génère des fichiers pdf : bilan de chaque activité, classement (pour moi) et les bilans individuels
5°) Mon « Google drive » [1] synchronise et met à jour automatiquement les fichiers.

Figure 4 et Figure 5

c. Pour finir, deux témoignages plus courts :

Témoignage n°1 : en lycée

J’utilise LaboMEP depuis trois ans avec mes élèves de seconde et de terminale en spécialité maths.
C’est rapidement devenu un outil incontournable dans mes progressions.

Avec LaboMEP je peux diagnostiquer en début d’année les acquis et les lacunes des élèves concernant les fondamentaux des années antérieures. A partir de là, je peux mettre en place des remédiations en créant des séquences de révisions/rappels des années antérieures.
J’utilise également LaboMEP en cours de chapitre et cela a trois avantages principaux :

  • Je peux voir si les parties intermédiaires de chaque chapitre ont bien été comprises et vérifier rapidement si les devoirs sur LaboMEP ont bien été faits par tous,
  • Ça me permet de varier les supports de travail et de briser la routine en classe,
  • Tous les élèves sont actifs et avancent à leurs rythmes et je vois la progression de chacun.

Enfin j’utilise LaboMEP en tant qu’outil d’évaluation ce qui est d’autant plus pratique qu’on peut facilement paramétrer les séries d’exercices (nombre de questions par série, nombre d’essais etc.).

Dans le cadre de l’évaluation, je peux exporter les fichiers « gift » des séries d’exercices et les importer sur notre plateforme Moodle intégrée à notre ENT et ainsi les associer à un test Moodle.

Pour résumer, LaboMEP permet de faire beaucoup de choses (pas tout bien sûr) : diagnostic, remédiation, consolidation, évaluation…

Le « plus » par rapport à d’autres plateformes payantes proposant des exercices interactifs que j’ai essayées, c’est la richesse des exercices, le paramétrage possible, la possibilité donnée aux élèves de faire plusieurs essais/étapes (comme sur son cahier) , les corrections détaillées à la fin de chaque exercice et bien sûr sa gratuité !

Témoignage n°2 : sur iPad

Je pense que j’utilise LaboMEP, anciennement Mathenpoche, quasiment depuis le début.

J’ai commencé à Agen (47), où j’ai enseigné en collège entre 2001 et 2006, en salle informatique sur des ordinateurs de récupération.
J’enseigne actuellement à Dax (40), depuis 2009, et j’ai suivi l’évolution de LaboMEP.

Au début, nous étions obligés de travailler sur des ordinateurs, soit en salle informatique, soit sous forme de devoirs maison.
Avec la démocratisation des tablettes et la fin de Java, LaboMEP a été complètement repensé et je remercie tous ceux qui ont contribué à ce développement.
Dans notre établissement, aujourd’hui, tous les élèves sont équipés d’iPad. Alors que sous Java, il était impossible de travailler sur iPad, maintenant LaboMEP fonctionne très bien.

En géométrie, les constructions restent presque impossibles à réaliser sur iPad. Si j’en donne à mes élèves, je leur recommande fortement l’utilisation d’un ordinateur. Même les constructions avec des quadrillages sont compliquées, surtout en 5e.

Depuis 2 ans, à chaque fin de chapitre ou de séquence, en 5e et en 4e, je donne à mes élèves une évaluation « formative » sur LaboMEP, en classe sur leur iPad. Je leur demande de faire les exercices dans l’ordre, une seule fois, vu que le temps est limité. Ensuite, ils ont les mêmes exercices à refaire à la maison, sous forme de « remédiation », du mercredi midi au dimanche soir. Ils peuvent refaire les exercices autant de fois qu’ils le souhaitent. Je ne compte pas leur résultat s’ils n’ont pas la moyenne, mais leur motivation est extrêmement forte à obtenir 100% à chaque exercice.

Comme notre établissement a conservé la notation et y accorde beaucoup d’importance, voilà ce que je pratique : les devoirs maisons sur LaboMEP sont notés s’ils sont supérieurs à 10/20 avec un coefficient 1, les évaluations « formatives » sur LaboMEP en classe ont le coefficient 2 et je leur met 1 à 3 exercices « bonus, puis les évaluations « sommative » sur feuille ont le coefficient 4.

Depuis le début, j’ai essayé de contribuer modestement à l’évolution de cet outil, en envoyant des captures d’écran des erreurs rencontrées par mes élèves. L’équipe de Sesamath est très réactive pour corriger ces problèmes.

IV) Conclusion

Les retours d’utilisation sont positifs : LaboMEP, non seulement est assez efficace, semble-t-il (pas à 100%, mais suffisamment pour que cela soit unanimement remarqué), mais enclenche aussi une réflexion riche sur l’évaluation et l’acquisition des notions. La mutation vers un autre langage est donc une réussite.

Il reste bien sûr du travail à accomplir :

  • Corriger les bugs restant.
  • Améliorer la compatibilité avec des « conteneurs » libre tels Moodle.
  • Améliorer l’ergonomie.
  • Faciliter la création de nouvelles ressources.
  • Communiquer davantage sur les fonctions peu connues : faire un graphe de parcours, créer une nouvelle ressource avec MathGraph32, etc.

Si vous souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas : olivier.jaccomard@sesamath.net

Mais globalement, l’association Sesamath, avec cet outil évolutif, répond bien à sa devise : des mathématiques pour tous et par tous.