En 1950, Turing imaginait ce qu’allait être une IA générative. Dans cet article on teste des IA à la façon de Turing.
Dans l’article computing machinery and intelligence, publié en 1950, Alan Turing imagine deux concepts inédits à l’époque : l’IA, et les chatbots. Pour cela il propose 4 prompts que voici :
- Peux-tu, s’il te plaît, m’écrire un sonnet au sujet du pont de la rivière Forth ?
- Additionne 34957 à 70764
- Joues-tu aux échecs ?
- J’ai mon roi en C8 et aucune autre pièce. Tu as seulement ton roi en C6 et une tour en A1. C’est à toi de jouer, que joues-tu ?

75 ans plus tard, les IA génératives abondent. Alors pourquoi pas leur soumettre les prompts de leur créateur ?
Cet article est placé sous licence CC-By-SA.

Grok3 n’est pas très bon aux échecs, mais son talent littéraire surpasse l’imagination de Turing. ChatGPT lui aussi est poète.
ChatGPT non plus ne sait pas jouer aux échecs, mais son talent littéraire est bien connu.
Mistral est meilleur que grok3 et chatGPT aux échecs. Par contre il n’a pas réellement écrit un sonnet. Gemini non plus ne semble pas savoir ce qu’est un sonnet.
Gemini joue bien aux échecs mais analyse mal (la tour n’est pas défendue par le roi). Copilot s’en tire mieux.
Conclusion
Si Turing avait pu voir dans l’avenir, et constater comment son rêve se réalise au XXIe siècle, il aurait été surpris, mais aussi amusé. Les IA génératives n’ayant pas eu la commande expresse d’imiter les humains, se sont montrées dociles, que ce soit pour l’écriture du sonnet, ou l’addition sans erreur.
Il y a un point (non évoqué ici) sur lequel Turing ne s’était pas trompé : il est parfois nécessaire d’attendre plusieurs minutes avant d’avoir la réponse. Mais ça, ce n’est pas parce que la machine imite l’humain, c’est à cause des embouteillages d’Internet.