Une précédente étude universitaire le laissait entendre, nous y avions fait écho.
Puis est venu le colloque de l’Espace Mathématique Francophone 2025 dont Gilles Aldon a souligné les lignes de force.
Un des paragraphes de son article nous a fait dresser l’oreille : Mélanie Guenais, invitée dans le groupe, a analysé les tests du dispositif ÉvalAide, issus des neurosciences, proposés aux élèves de CP (grade 1) et qui débouchaient sur la conclusion, largement relayée par les médias, que dès le CP les filles seraient moins performantes en mathématiques que les garçons...
En y regardant de plus près, ces tests, développés par des psychologues plutôt que des experts en mathématiques, pourraient bien ne pas évaluer correctement les compétences mathématiques dont ils prétendent juger. Elle a montré très clairement les biais qui remettent en question la validité des tests et par conséquent les résultats ; en particulier, la vitesse associée à des questions est a priori discriminante et tester la compétence à classer des nombres, par la vitesse à les classer, apparaît comme surprenante, voire caricaturale et introduit un biais, la vitesse étant plus favorable aux garçons déjà entraînés à la compétition ; c’est bien la difficulté de tests conçus pour des études en laboratoires et utilisés largement sans contrôle (Cf. les remarques précédentes de Marie-Line Gardes).
Mélanie Guenais a conclu son propos en soulevant les préoccupations éthiques de ces évaluations, passées auprès d’enfants entrant à l’école élémentaire en CP, qui pourraient ressortir de ces passations avec une image négative des mathématiques.
Cette remise en question mérite de plus amples développements qui figureront dans la communication de Mélanie Guenais, dans les actes du colloque EMF 2025 (fin 2025).
Voici le lien vers l’article de Mélanie Guenais
Voir aussi cet article de Alain Busser et en particulier sa conclusion