On trouve ce type d’environnements dans les très nombreux domaines où l’hyper-modernité technique s’est invitée.
Dans les centrales nucléaires, dans les lieux où sont gérés « en temps réel » les innombrables réseaux qui rendent la vie moderne possible, mais aussi (et de manière décentralisée) dans tous les lieux qui assurent la sécurité des flots d’aéronefs dans leurs parcours incessants de la planète.
C’est à ce dernier environnement que nous allons nous intéresser, car il a été l’objet d’observations très nombreuses et d’études particulièrement détaillées, à l’occasion d’incidents ou d’accidents.
Il y a le cockpit, où au moins deux personnes doivent interférer et maîtriser un dialogue minutieusement structuré par des procédures codées. L’équipage est formé pour interpréter, comprendre et réagir aux multiples paramètres que les ordinateurs de l’avion actualisent en permanence sur les tableaux de bord du pilote et de l’OPL. Les voix et les bruits dans le cockpit sont systématiquement enregistrés.
Il y a les communications avec les stations au sol et les équipes de suivi du vol, de l’aéroport de départ à celui d’arrivée, en passant par les nombreuses stations de contrôle et de guidage au cours de l’itinéraire. Parfois même la consultation en vol des ingénieurs du constructeur de l’avion devient indispensable en cas de situation délicate, dangereuse, voire incompréhensible. Tous ces échanges sont enregistrés.
L’extrême complexité des interactions indispensables à la sécurité des vols se révèle quand des problèmes se font jour. Quand par exemple, les procédures n’ont pas été respectées de façon rigoureuse. Quand le langage a été approximatif. Parfois aussi, lorsque les capteurs ou les ordinateurs défaillent, ou affichent des données incohérentes (il suffit de ... quelques centimètres de papier adhésif). Souvent, les pilotes avec leurs interlocuteurs au sol trouvent des solutions. Quelquefois, rarement, l’accident se produit, imparable et meurtrier.
Alors commence une (très) longue enquête pour comprendre ce qui a amené au crash, mais surtout pour éviter qu’il se renouvelle. Elle révèle parfois des comportements légers, inconséquents à différents niveaux de la chaîne, de la maintenance des avions au pilotage, en passant par les guidages au sol. Les « boites noires » sont d’un grand secours pour les mettre en lumière... Elles sont recherchées prioritairement sur les lieux des crashs, pour en extraire (si possible) les données explicatives des problèmes rencontrés et en tirer les conséquences.
Dans cet environnement et ces circonstances, le numérique au paroxysme se manifeste dans une infinie complexité aux milles facettes, qui résiste souvent aux enquêteurs les plus chevronnés.
Voici, pour en prendre conscience et pour y réfléchir, une multitude de situations réelles qui ont jalonné les décennies passées.
